Takouine

Psychologie de l’enfant

Comprendre certaines manifestations des jeunes enfants (cris, pleurs, rires, mutisme, repli, …)

A la différence de l’animal, l’être humain se manifeste par cris, pleurs et rires qui lui permettent de manifester plaisir ou souffrance.
On appelle ces manifestations des affects.
Ce sont des effets de la parole ou bord de la parole.
Ces manifestations sont présentes lors de moments importants dans la constitution du petithomme.
L’enfant est dans un état de mutisme, de repli sui soi-même lorsque quelque chose l’empêche d’aller vers les autres et vers la parole.
Comment accueillir l’enfant qui crie, pleure, rit ou et replié sur lui-même ?
Des adultes peuvent témoigner qu’enfant, on leur demandait de ne pas parler, bouger, pleurer, c’est-à-dire être un enfant idéal, qui correspondrait cependant à un enfant qui ne serait plus dans la vie.
Comment se positionner par rapport à l’enfant et au groupe ?
L’Ecole maternelle est important dans la vie de l’enfant. C’est l’étape lors de laquelle il apprend à se séparer, à patienter, ce qui lui permet d’aller vers les autres ainsi que d’investir ce qu’il ne connaît pas encore.
L’enfant qui naît ne possède pas de langage. Il ne peut marcher, ni se nourrir seul.

==> Il naît immature . Il est dépendant de ses parents.
Le cri nous fait dire dès la naissance que l’enfant est vivant.
Par la suite, ses cris, ses pleurs seront les moyens qu’il a à disposition pour manifester ses déplaisirs, ses besoins.
Celui qui s’occupe de l’enfant doit interpréter ses pleurs, cela accompagné d’un minima de parole (commenter pourquoi l’enfant pleure,..).
L’enfant reconnaît la voix qui s’adresse à lui. Seule la voix peut apaiser parfois apaiser les pleurs.
Le parent interprète les pleurs de son enfant auxquels il répond ou pas. Il les transforme en appels, en demandes pouvant être qualifiées de capricieuses.
Cela peut prendre des allures d’envahissement car il demande beaucoup de temps de présence ; parfois on ne parvient à le consoler.
Les soins ne doivent pas être donnés anonymement.
Lorsqu’elle ne répond pas à ses appels, la mère devient toute puissance .

L’angoisse du 8ème mois

Repérée par Spitz (1950)
Face à une personne étrangère, l’enfant va réagir en pleurant.
Si sa mère met un masque puis l’ôte, l’enfant s’épanouit et rit.
Si derrière ce masque s’en cache un deuxième, l’anxiété naît chez l’enfant.
Le rire est la 1ère communication avec la personne qu’il a reconnu. Par cette réaction, il montre qu’il a symbolisé la présence de la personne qui s’occupe de lui.

Le rire, mécanisme psychologique, est lié à la détente, à une certaine satisfaction.
Concept : Identification avec les pleurs.
Pleurs : colique, besoin, expression et non communication.
Communication avec les pleurs.
Quand la demande arrive à bon port, l’enfant rit.
Lorsqu’elle est refusée, l’enfant à affaire au visage de loi et rencontre l’image de l’autre construite dans l’insatisfaction.

Relecture par Lacan :
La peur, l’angoisse de l’étranger se constitue chez l’enfant.
Une différenciation se fait entre les personnes qui s’occupent de l’enfant et les personnes inconnues.
L’enfant de 1 an ½
Freud : En 1920 décrit dans Au delà du principe de plaisir sa découverte du jeu de la bobine ou « Fort ! Da ! » grâce à son petit-fils, Ernst. Celui-ci jette des objets loin de lui accompagné de « ohhh » qui expriment la provocation d’un intérêt de satisfaction.
Freud observe le jeu de la bobine avec une ficelle. Son petit-fils jette la bobine à travers les barreaux de son lit. C’est un jeu de disparition / retour dont on ne voit souvent que le 1er acte.
Cela traduit le moment de la présence / absence . L’enfant retraduit son renoncement pulsionnel ainsi que son renoncement à la satisfaction de la pulsion pour permettre le départ de sa mère sans émettre d’opposition. Il se dédommage en se mettant lui-même en scène.
Mais il répète le moment de déplaisir, le départ mis en scène par le jeu.
L’enfant a transformé son expérience en jeu pour un autre motif :
Auparavant il était passif, à la merci de l’événement.
En répétant le départ, aussi déplaisant qu’il soit, l’enfant assume un rôle actif.
C’est une signification de bravade.

L’enfant de 2ans ½
Le petit-fils de Freud a pris l’habitude de jeter un objet dont il était en colère en criant : « va t’en à la guerre ! ».
On lui a raconté que son père, absent, est à la guerre.
Dans les jeux, l’enfant met en œuvre des mouvements inconscients, hostiles.
Il y a une élaboration psychique importante qui a lieu concernant la présence/absence des personnes s’occupant de l’enfant.
Il y a un désir d’être grand, de faire comme les grands sans recours à l’imitation mais à l’identification.
Même si caractère déplaisant, il peut être réutilisé dans le jeu.
L’enfant, par le jeu, peut affliger à un camarade le désagrément qu’il a subi.
Si le jeu est répété sans cesse, c’est vue la pulsion n’est jamais satisfaite. L’enfant ne sera jamais vengé.
La bobine dans le jeu représente le semblable et symbolise tout ce qui va et vient.
L’enfant de 5ans et 9 mois
C’est à cet âge qu’Ernst perd sa mère, cependant sans chagrin.
Comment l’interpréter ?
Dans l’intervalle de temps un autre enfant est né, ce qui à éveiller la jalousie chez Ernst.
Freud établit 2 principes : celui de vie, du côté du plaisir et celui de mort.
La pulsion de maîtrise et de vengeance procure du plaisir à l’enfant.
La pulsion de mort dépasse l’être humain.
Selon Winnicott, la bobine est un objet transitionnel. Elle n’est pas l’objet qui fait le pont entre la mère et l’enfant, c’est plutôt la chute de l’objet qui retranscrit la séparation d’un « bout » de l’enfant (sa mère).
L’absence de la mère renvoie à sa propre absence, ce qu’il renvoie avec le miroir.
Le manque de l’autre le renvoie à son propre manque, son propre désir.
Freud s’en tient à une interprétation oedipienne.
Le jeu du Fort ! Da ! nécessite que l’enfant ait accepté l’absence paternelle.
Le pouce est un objet symbolique. C’est un avatar du jeu transitionnel.
Le doudou, le nin-nin est quelque chose de très important pour l’enfant, il fait partie de sa vie.
Il est à l’origine des activités intellectuelles et supérieures.
C’est un gain obtenu sur l’angoisse.
Repli et mutisme
Ils peuvent être considérés comme des symptômes.
La parole vient combler un manque chez l’enfant.
Le silence est différent du mutisme. En effet, le silence est lié au langage. Les enfants peuvent parler entre eux mais pas avec l’enseignant.
Le silence est le moyen de ne pas tout à fait s’exiler du langage.
Lorsqu’il arrive à l’Ecole, face au langage, l’enfant est confronté à une langue étrangère.
L’Ecole maternelle est le lieu où est remis en jeu la question de la séparation.
Les modalités de présence et d’absence de l’enseignant sont importantes.
Les 1ères années de l’Ecole sont importantes : Elles permettent à l’enfant de se séparer, d’aller vers un autre monde que celui de la maison.
L’enseignant doit donner une place à l’enfant dans sa classe, veiller sur lui.
Les parents doivent les accompagner.
Pour l’enfant, l’Ecole met en place des rituels d’accueils, les heures des mamans, nécessaires pour que l’enfant ose prendre la parole.
Mimétisme et transitivisme
Un enfant qui frappe un enfant dit avoir été frappé : identification à l’autre.
S’il voit quelqu’un tomber, il pleure.

25 janvier 2017

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