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HPE : une nouvelle offre de datacenters très modulaires

Avenir de l'IT : Hewlett Packard Enterprise (HPE) vient de détailler une nouvelle offre de datacenter très modulaire (MDC, Modular Data Center) - allant d'un unique rack mobile de 2 mètres de haut à des datacenters 'indoor' ou 'outdoor' d'une capacité dépassant plusieurs dizaines de baies.

La nouvelle offre de datacenters modulaires de HPE, lancée fin 2016 au niveau mondial, a pour ambition de répondre aux exigences actuelles et futures du marché.

« Nous avons constaté le besoin récurrent de nombreuses entreprises de disposer rapidement de datacenters évolutifs, de petite et moyenne capacité, notamment pour adresser les exigences du « edge cloud computing» , explique Pascal Lecoq, directeur des Services Datacenter chez HPE France.

Pascal LecoqCe besoin s’explique notamment par la croissance exponentielle des besoins de traitement liés à l’IoT (Internet of things) sur beaucoup de sites IT et principalement chez les ‘providers’ et opérateurs de services IT et télécoms. « On constate l’afflux d’un volume de données phénoménal. En 2015, on estimait entre 4 et 5 milliards le nombre d’objets connectés dans le monde. A l’horizon 2020, il est question de 20 à 30 milliards! Et il est clair qu’il ne s’agit pas uniquement de photos… ». L’explosion du volume de données est due notamment à de nouveaux usages, « comme, par exemple, l’utilisation de montres connectées apportant des données médicales ou les applications intelligentes d’expérience utilisateur sur les smartphones. Les compagnies d’assurance s’intéressent aussi de très près à l’IoT pour, par exemple, se servir de certaines données recueillies afin, à terme, de moduler leur risque », observe Pascal Lecoq.

 

La montée du ‘edge computing’

Potentiellement, une voiture pourra produire de l’ordre de 4 giga-octets de données à l’heure ! « Car il ne s’agit pas uniquement de données sur la conduite et le pilotage du véhicule autonome, mais aussi de vidéos ou d’interaction intelligente avec le conducteur et les autres occupants. Les véhicules tendent à devenir autonomes et se transforment en véritables centres de contrôle et d’interconnexion en miniature », précise Pascal Lecoq.

En conséquence, cette avalanche de données nécessite que leur traitement soit éclaté en deux parties : l’une sur le Cloud principal – public ou privé – et l’autre sur des Clouds en périphérie (ou ‘edge clouds’) – « c’est à dire sur une infrastructure de proximité ». Des acteurs comme Facebook évoquent cette « bulle de proximité » : « 80 à 90% du trafic du réseau social s’écoulerait dans un rayon de 20 à 30 km de l’utilisateur, celui des proches ».

Il faut donc revenir à des architectures de datacenters distribuées. « Il existera toujours des sites centralisés qui assureront les traitements lourds, le Big data et ‘le machine learning’. Mais il faut aussi des datacenters périphériques de quelques centaines de kilowatts voire 1 à 2 mégawatts. Ceux-là seront distribués, régionaux, proches des utilisateurs pour le traitement de données volatiles qui ne nécessitent pas un archivage ni un traitement centralisé », souligne Pascal Lecoq.

La France connait une forte centralisation en matière de datacenters: plus de 80 % de la capacité du pays est concentrée sur la région parisienne et le reste sur Rhônes-Alpes et la région PACA (Marseille maintenant, notamment du fait des accès fibre optique méditerranéens vers l’Afrique et le Proche-Orient).

« Or, les géants de l’Internet, les ‘GAFA’, et les fournisseurs d’accès et hébergeurs plus locaux vont devoir régionaliser leurs offres pour disposer de datacenters de capacité plus modulaire et plus agile afin de pouvoir s’adapter très rapidement tant en capacité globale qu’en densité (kilowatts par module ou par baie) », explique Pascal Lecoq.

Les délais de mise en service doivent souvent être de quelques semaines et parfois de quelques jours pour répondre aux attentes du marché. Or, les très grands datacenters nécessitent 2 à 3 ans entre conception et construction, et endossent de fortes contraintes, qui limitent leur agilité. « Ce sont essentiellement des infrastructures de béton, construites pour une durée de vie de 15 ou 20 ans, mais qui, en réalité, sont vite obsolètes », remarque Pascal Lecoq.

Le seuil des 2 kilowatts par mètre carré est déjà dépassé. Car avec les systèmes hyper-convergés, on atteint déjà 20 à 30 kW de besoins en énergie par baie – ce qui représente aujourd’hui un besoin de 7 à 10 kW au m2 ! »

3 offres de datacenters modulaires clés en main

Pour répondre à cette situation, HPE annonce une nouvelle offre originale. Pour le refroidissement, ont été conçus des petits modules (soit de l’air, soit de l’eau, selon la densité) installables en quelques jours. Chaque module peut être affecté à un usage particulier avec une capacité et une densité sur mesure et selon un niveau de service spécifique.

Nouvelle-offre-MDC

La nouvelle offre MDC – modular data center – de HPE

« C’est une approche très différente de celle des grands datacenters monolitiques, conçus en ‘tier’ 3 ou en ‘tier’ 2, sans que l’on puisse passer de l’un à l’autre en fonction de la criticité des applications », explique Pascal Lecoq.

Ici l’architecture est modulaire: il est possible de juxtaposer des modules de haute résilience – ‘tier’ 4 ou ‘tier’ 3 et d’autres moins critiques en ‘tier’ 1 ou 2.

C’est ici l’avantage des datacenters régionaux modulaires qui apportent des infrastructures indéfectibles. Elles peuvent prendre le relais l’une de l’autre.

1 – Micro datacenter : constitué d’une seule baie de 42 U (un peu plus de 2m de hauteur), il intègre à la fois un onduleur et ses batteries (pour une intensité de 32 ampères), un système de refroidissement, un dispositif pour la détection et l’extinction d’incendie. Il est doté d’un module de supervision.

Autonome, étanche, verrouillable et résistante aux effractions, cette baie montée sur roulettes peut fonctionner en extérieur. Elle accueille jusqu’à 4 châssis de serveurs lames (tels les C7000 de HPE). Son poids va de 400 kg à 1,5 tonne. La cible : l’informatique de points de vente ou de cabinets médicaux ou des organisateurs d’événements ou des services de protection civile et de secours-assistance, etc.

Module-micro-datacenter

Le module Micro Datacenter ou baie autonome de HPE

2 – Cube in-door : il s’agit d’une allée de baies confinée, avec des portes isolant air froid et air chaud. Le module de refroidissement y est intégré, par rangée. Autonome, ce ‘cube’ dispose de sa propre alimentation électrique ondulée extérieure. Il peut être rapidement installé dans une salle de 100 m2, en intégrant tout: tableaux électriques, batteries, etc.

Il est possible de juxtaposer deux ou trois allées de différentes tailles et configurations. Pour commencer, une allée peut être dotée de deux baies seulement – une baie avec module onduleur et ses batteries et une baie de refroidissement, le tout sur 12m2. Et la configuration peut être portée à 30 ou 40 baies, voire plus.

Option-Modular-Data

L’option Modular data center de HPE avec 5 à 10 racks

3 – POD out-door (extérieur) : HPE a modifié son concept de POD. Cette nouvelle génération intègre tous les modules, auparavant extérieurs, à l-intérieur d’un unique conteneur IT, ce qui restreint le nombre de baies à 10 (au lieu de 20). Le module d’alimentation électrique y est incorporé, avec onduleur, batteries et groupe électrogène, ainsi que les systèmes de froid par détente directe ou eau glacée. L’avantage est évident : pas de travaux importants sur site ; un seul grutage du conteneur unique suffit.

Plusieurs configurations sont proposées, certaines installations pouvant être en ‘tier’ 1 ou 2, d-autres en ‘tier’ 3 ou 4. Plusieurs POD peuvent être juxtaposés, chacun étant totalement autonome en capacité et en services.

Rack-InDoor

… et jusqu’à plusieurs dizaines de racks, en ‘in-door’ (ici) ou ‘out-door’

Assemblage en Europe

Ces datacenters modulaires sont assemblés en France, en Espagne ou en République tchèque sur la base du cahier des charges du client. Les modules d’alimentation électrique proviennent d’un géant français du secteur. Les baies au standard du marché (19 pouces) permettent d-intégrer tous types d-équipements IT.

En termes de budget, le coût d’un micro-datacenter commence à 30 K€ et il faut compter jusqu’à plusieurs centaines de K€ pour un POD extérieur. La disponibilité s’échelonne de 8 à 12 semaines.

27 janvier 2017

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